¤ Déclaration d'un responsable mandaté par la clinique:
"Le patient P., admis en chirurgien ambulatoire,n'a pas apprécié qu'on lui dise qu'il devrait passer la nuit à la clinique à cause de l'heure tardive de son opération."
La vérité:
Le patient P. a été ulcéré qu'on ne lui ait pas dit que le chirurgien et la clinique avaient prévu dès avant son entrée de le garder une nuit parce qu'ils avaient programmé à une heure trop tardive l'opération qu'ils lui avaient annoncée comme ambulatoire.
¤ Lettre d'un responsable de la clinique à l'Agence Régionale de Santé:
"Le chirurgien aurait dû informer le patient P. mais il n'a pas eu l'occasion de discuter avec lui parce qu'il était au bloc."
La vérité:
Le chirurgien savait dès la prise de rendez-vous pour l'opération que le patient P. serait hospitalisé une nuit: il lui a donc menti en lui annonçant que l'intervention se ferait en ambulatoire.
De plus, le jour de l'opération, il passait la matinée à la clinique quand le patient P. est entré à 10h du matin.
L'après-midi, il est venu parler au patient P. à 16h45; il a d'abord essayé de le persuader de rester pour la nuit, mais lui a finalement remis ses papiers de sortie, reconnaissant par là de facto que la clinique et lui-même étaient en tort.
C'est donc un mensonge d'affirmer que le chirurgien "n'a pas eu l'occasion de discuter" avec le patient. Pour donner une apparence de véracité à cette affirmation, le responsable de la clinique est même allé jusqu'à falsifier l'horaire des interventions chirurgicales, de manière à faire croire qu'à 16h45 le chirurgien était dans le bloc opératoire - à moins qu'un chirurgien ne puisse s'absenter d'une opération en cours?
¤ Lettre du responsable de la clinique à l'Agence Régionale de Santé:
"Le patient P. n' a pas accepté l'adaptation envisagée par le chirurgien."
La vérité:
Le mot "adaptation" n'est pas seulement un de ces euphémismes dont raffole la clinique: c'est un mensonge, puisqu'il n'y a eu "aucun changement" ainsi que le chirurgien l'a déclaré au patient P. à deux reprises.
Certes il arrive que des circonstances exceptionnelles (complication au cours de l'opération, survenue d'une urgence grave, réveil difficile du patient...) conduisent à hospitaliser un patient entré comme ambulatoire. Mais:
1-ces cas sont très rares (moins de 5%);
2 - la décision n'est prise qu'après l'opération, or pour le patient P. elle avait été prise avant son entrée;
3 - une programmation inadaptée ne saurait constituer un cas de force majeure, c'est plutôt une faute, que la clinique n'a pas hésité à "valider"!