Madame,
Comment peut-on ordonner, sans réflexion, sans investigations préalables, sans considération des conséquences, une inutile et ignoble autopsie ?
Comment ose-t-on infliger cette boucherie à un homme dont le seul tort est d’être mort hors de chez lui ? [...]
Imaginez qu’il s’agisse de votre père, de votre frère, de votre mari, de votre amant, de votre fils : comment ces images ne vous révolteraient-elles pas ? comment ne seriez-vous pas submergée par la colère et le dégoût? Et c’est ce que Mme C*** appelle « mal vivre un OML », apparemment étonnée qu’on ne puisse pas vivre ce qui est très précisément invivable !
Ceci n’est ni une menace ni une insulte, ni un outrage, c’est juste une évidence : on haïra jusqu’à son dernier moment la légèreté, l’inconséquence, l’insensibilité avec lesquelles ont pu se comporter des gens tels que vous et votre collègue, tels que Mmes D***, C** et Cie, tels que M. C***, Mme Bc*** et consorts.
Vous saviez que ce charcutage était inutile : vous n’avez pas mandaté d’OPJ pour y assister.
Et si vous aviez encore le moindre doute, le délai entre la mort et l’autopsie – 5 jours ! –
laissait tout le temps aux gendarmes d’écarter toute suspicion vraisemblable de délit ou de crime et vous laissait donc à vous le temps d’annuler cette ignominie.
Pourquoi l’avez-vous maintenue ?
Pour contenter une curiosité gratuite en recherchant la cause de la cause (car la cause immédiate de la mort est évidente : défaillance cardiaque) ?
Pour alimenter les statistiques charognardes de l’ARS, qui n’intéressent personne ?
Pour ouvrir tout grand le parapluie ?
Parce qu’il ne faut surtout pas rogner sur le gagne-pain de ces pauvres légistes dont l’activité encombre la morgue (cf-La Dépêche du 15 octobre) ?
Parce que la routine est ce qu’il y a de plus confortable pour l’administration, quitte à infliger une maltraitance inhumaine à tous ceux qui aimaient l’homme dont vous avez, sans nécessité et par conséquent injustement, ordonné de dépecer le corps?
Il serait temps, madame, que les serviteurs de la justice, qui sont aussi au service des citoyens sans reproche, apprennent à ne pas mettre la charrue devant les bœufs c’est-à-dire à s’informer suffisamment avant de décider, et comprennent que « pouvoir » ne signifie pas « devoir » et que le discernement est une qualité indispensable à qui veut éviter d’abuser du pouvoir que parfois la loi lui donne un peu trop largement.